La philo funky: le Nihilisme


La philosophie est inintéressante et compliquée… Sauf quand des artistes nous en expliquent les concepts au moyen de leurs oeuvres. Dès lors la philo devient funky. Au programme aujourd’hui: Le Nihilisme.

Ce concept formalisé par le philosophe allemand Nietzsche (1844-1900) bouleversa la pensée du 20ème siècle qui y trouva là une base pour aborder la modernité et y déceler également la cause de ses tourments. Voilà comment ce dernier le définit : « Nihiliste est l’homme qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas être, et que le monde tel qu’il devrait être n’existe pas. De ce fait l’existence (agir, souffrir, vouloir, sentir) n’a aucun sens : de ce fait le pathos du « en vain » est le pathos nihiliste — et une inconséquence du nihiliste. » (Fragments posthumes). Ce constat fut issu d’un autre, terriblement révolutionnaire en son temps: la mort de Dieu.  Alors que la philo l’incorporait dans chacune de ses théories depuis le Moyen-Âge, voilà que Nietzsche tirait le constat de sa non-existence et bouleversait au passage le champs de la morale. Car à partir de là tout est possible puisqu’aucune entité supérieur ne peut garantir l’existence du bien et du mal, ni donc récompenser le premier ou châtier le second. Dostoïevski en vint à la conclusion suivante: “si Dieu n’existe pas tout est permis” (Les Frères Karamazov). Toujours flou le concept? Très bien ; Nirvana, GTA ou encore Brad Pitt vont vous l’illustrer:

Nirvana

Le 24 septembre 1991 sortit Nevermind, le 2ème album de Nirvana qui allait marquer la scène musicale des 90’s et braquer les projecteurs en direction du Grunge, un courant musical issu de l’underground rock. “Guitare rugissante et batterie sauvage”, voix rauque et cassée crachant une rage contagieuse, le tite Smell Like Teen Spirit (classée 9ème parmi les 500 plus grandes chansons de tous les temps selon le magazineRolling Stone) devint l’hymne désabusé de la jeunesse de cette époque. Le désespoir niché au creux de la voix de Kurt Cobain, le chanteur du groupe, traduisit à merveille la notion de nihilisme: plus d’espoir, plus de valeurs, juste un désespoir auto-destructeur trouvant son apothéose dans le bien nommé titre I Hate Myself & Want To Die ou All Apologies. A la fois révolté et impuissant, son incapacité à dépasser le nihilisme (comme le préconisait Nietzsche) et ses contradictions le conduisit à mettre fin à ses jours le 5 avril 1994.

 

Cliquer ici pour voir la vidéo.


 

Grand Theft Auto

La polémique entourant la violence des jeux vidéos connut un soudain élan avec la sortie en 1997 d’un jeu nommé GTA (Grand Theft Auto). Celui-ci proposait en guise de scénario de voler, dealer, ou encore tuer des gangsters, mais également des civils et des policiers. Or là où l’ensemble des jeux vidéos pénalisaient jusqu’à présent les héros sacrifiant des innocents, en bref essayaient de maintenir une forme de moralité dans leur univers virtuel, celui-là encourageait l’absence de valeurs en la récompensant! Le héros (et donc le joueur), sans foi ni loi, devait faire abstraction de toute notion de bien ou de mal pour réussir l’aventure. D’ailleurs, dans l’une des suites du jeu, un code permet d’obtenir une bagarre générale entre tous les piétons arpentant les rues, transformant ainsi la ville de Liberty City (nom du lieu où se déroule l’intrigue) en un vaste ring. Ce chaos pixellisé anticipe ce que serait le règne absolu du nihilisme dans le monde réel: une lutte anarchique entre tous et chacun. Ce nihilisme assura finalement la pérennité de cette saga qui continue de faire saliver les gamers du monde entier trop heureux de sacrifier l’ordre et la morale assis sur un canapé.

 

Cliquer ici pour voir la vidéo.


 

Fight Club

Ce film, tiré d’un roman de Chuck Palahniuk, met en scène l’incarnation même du nihilisme en la personne de Tyler Durden (Brad Pitt). Cet anarchiste pour qui rien n’existe, pousse à bout la logique de ce concept en créant un club de combat clandestin où les valeurs se réduisent à un ensemble de règles régissant les affrontements entre adversaires. Plus d’humanisme, la condition humaine est réduite à ses propriétés organiques les plus simples. Tout le reste n’est que surplus inutile et encombrant, même l’amour, duquel il faut s’émanciper. Le héros ne cesse de répéter aux participants de son club un peu particulier qu’il ne valent pas mieux qu’un tas d’humus en décomposition. L’atmosphère de cette production reflète parfaitement les abîmes de noirceur que recèle ce concept au travers de ses décors poisseux et oppressants. Les personnages, las d’une existence dénuée de tout sens, ne désirent plus qu’une seule chose: en finir avec le monde et avec eux-mêmes au moyen d’un chaos total puisque tout n’est que mascarade. Rien que ça.

 

Cliquer ici pour voir la vidéo.


Le nihilisme, dont s’inspire la formule ni dieu ni maître et que Nietzsche considérait comme actif, devait permettre l’édification de nouvelles valeurs et d’un homme nouveau. Mais celui-ci se retourna souvent contre ses prétendants en devenant terriblement destructeur (GTA), auto-destructeur (Nirvana), ou les deux en même temps (Fight Club). Nietzsche finit d’ailleurs fou… De là à le qualifier de première rockstar de l’histoire, il n’y a qu’un pas à faire! En attendant Nirvana, GTA et Tyler Durden vous souhaite une bonne journée en espérant vous avoir aidé.

TAGS :||

Vous avez aimé cet article ? partagez-le !   
partagez
  • Pinterest button
  • Rendez-vous sur Hellocoton !

Best-of

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>