We Love LH

Si je vous dis le Havre (c’est en Normandie) il se pourrait fort bien que vous pouffiez d’un rire méprisant. « Mais c’est laid, sale, il y fait froid, le gris du ciel se confond avec celui des façades bétonnées… » Bref c’est certain que le Havre apparaît comme moins glamour que Cannes ou Paris, et peut-être même plus gris que Béthune ou Lille. D’ailleurs les médias ne se privent pas de le rappeler. Car contrairement au reste des villes françaises, le Havre moderne naquit d’un champs de ruines suite aux bombardements anglais en septembre 1944, sans ne jamais vraiment renaître de ses cendres. Dès lors, l’identité de la ville reste à inventer, ce qui constitue une situation plutôt inédite dans un pays dont les cités furent bâties par des Mérovingiens,  des carolingiens, ou des capétiens (bref des dynasties en -ien). Et le challenge se révèle de taille au vu de l’image déplorable véhiculée par les médias qui ne cessent de l’associer à un lieu de perdition. Dès lors inverser le processus en mystifiant la ville au moyen du langage pop constitue la meilleure réponse, ce que pratiquent plusieurs artistes locaux. On vous en brosse le portrait.

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Michaël Youn, au travers de son personnage Alphonse Brown, chanta « la puissance du port du Havre » en l’associant à la Californie ou au Bronx, ce qui fit beaucoup rire la France mais n’influença en rien la culture de la betterave. Pourtant la méthode apporta une image de la ville un peu moins sinistre et fit même remuer les fessiers hexagonaux l’espaces de quelques mois.Et si au final, afin de renverser la mauvaise réputation qui lui colle au béton, la cité portuaire usait du langage pop pour transmettre une autre représentation ? Voici justement le pari d’artistes locaux :

Smklk

Qu’est-ce donc que cet étrange mot produisant une sonorité non moins intriguante ? Rien d’autre que la contraction de smakelijk, qui signifie “bon appétit” en flamand. Mais c’est surtout le titre d’un magazine gratuit sur la cuisine. Mais pas n’importe laquelle, non, celle qui allie design et créativité, soit un mix entre la table et l’atelier. Sans verser dans la nostalgie d’un terroir surrané, ou le mépris d’une cuisine masquant son anorexisme derrière un fumeux concept de modernité, Betty Marais (la directrice de la publication) parvient à concilier les deux en les épiçant d’une saveur particulièrement originale et savoureuse (donc pop!). Ou quand la cuisine devient un art (contemporain), et le terroir une valeur moderne avec laquelle jouer et s’amuser. La gastronomie normande n’aura jamais été aussi jeune…(et puis c’est tout de même plus funky que le journal des petites annonces!). Qui a dit que la Normandie n’était pas yummy?

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Marygribouille

Ah les normandes…Grassouillettes puisque nourries au beurre, à la crème fraîche et au Calva…Quoi, un cliché? Rien de mieux alors que des bulles colorées narrant le quotidien d’une havraise pour y remédier. Marie-Loup Bérenger, en plus du web (le site de Monoprix entre autres), de la publicité ou encore de l’édition, illustre justement son quotidien dans son blog au travers duquel surgit une ville nouvelle, aux tons fluos, accueillant les délires et les périples d’une femme moderne (je pense à Sex in City lorsque je dis ça…) gribouillant la ville de ses oeuvres.  Son univers vous donnera envie de vivre une intense love story dans cette bonne ville du Havre, ou plutôt LH (c’est drôle comme une simple contraction change tout), croché au bras d’une havraise, ou plutôt une fille de LH… Qui a dit que la Normandie n’était pas sexy?

I love LH

Plus qu’un slogan, I love LH est un concept créé par Julien Burel, en association avec le Studio Honolulu, afin de promouvoir les musiciens locaux en diffusant gratuitement une compile (2 à ce jour) et en batissant autour de celle-ci une série d’évènements (concerts, films…) élargissant sa portée (les goupes SHUBNI et GRAPES commencent d’ailleurs à se frayer un bon chemin). Enregistrée au studio Honolulu, la compilation porte haut et fière les couleurs de la ville en dépoussiérant au passage son vieux blason (une salamandre…). Julien Burel, son fondateur, en plus de diriger un collectif de communication nommé INTRO basé sur la mise en réseau de divers talents, fait également partie du groupe Thistle Byrne comportant notamment Craig Walker, l’ex chanteur d’Archive, qui prépare actuellement un album très attendu.

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Ce jeune entrepreneur travaille ainsi à diffuser l’art sous toute ses formes et à s’en inspirer directement dans son activité de communication comportant de prestigieux clients, comme la ville ou la SNCF. Qui a dit que la Normandie n’était pas funky?

Ces artistes, en utilisant le langage pop, batissent ainsi la nouvelle image d’une ville se situant dans les négatifs sur l’échelle des représentations. Mais en utilisant les arts, pour mieux les imbriquer les uns les autres, ces derniers comptent bien inverser la tendance et influencer la réputation d’une ville toute entière. Et puisque le Havre comporte un passé sinistré (ah oui, l’architecture Perret…), pourquoi ne pas lui inventer un avenir radieux? Maintenant répétez après moi: “we love LH!” Qui a dit que la Normandie n’était pas unie?

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