Les Serious Games: les jeux vidéos à l’âge adulte

Serious game

Doom, Super Mario Bros, Zelda, Street Fighter… Je vous parle là d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Lequel ? Celui où les jeux vidéos ne revendiquaient aucune autre finalité que celle de nous divertir au moyen d’un univers particulièrement immersif, d’une ergonomie sans faille, et d’une histoire (plus ou moins) haletante. Mais voilà, depuis plusieurs générations la Game Boy (et puis bien d’autres consoles plus modernes) a remplacé la tétine (pour les plus anciens) et l’âge moyen d’un joueur s’élève maintenant à 30 ans en Europe, et 35 ans aux U.S.A. Rompus à son fonctionnement, ces derniers se révèlent particulièrement sensibles à l’esthétique du jeu vidéo et son ergonomie, ce qu’ont compris de nombreux acteurs qui n’hésitent plus à les utiliser à d’autres fins que le divertissement. Maintenant les jeux deviennent comme les joueurs : sérieux. Popism vous en dresse la liste.

Affiche du Serious Game Expo à Lyon

Revenons d’abord à la définition du terme « popism ». Popism sert à qualifier cette méthode consistant à détourner quelque chose de son contexte ou de son usage pour en faire quelque chose d’autre. Justement le jeu vidéo naquit de cette logique puisque le tout 1er ne fut rien d’autre qu’un oscillateur transformé en jeu de tennis (Tennis for Two).

 

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Pendant très longtemps les jeux vidéos se cantonnèrent à la sphère du pur divertissement, un divertissement parfois jugé violent, voir dangereux. Bref rien ne le prédestinait à s’échaper de cette image de joujou pour jeunes. Mais les jeunes devinrent vieux et ils n’ont pas lâché le joujou, ce qui incite de nombreux acteurs (économiques, politiques…) à lui inventer de nouveaux usages : le Serious Game.

Entraîner

Voilà un joli pied de nez à l’encontre de ceux qui taxèrent les jeux vidéos de produits nocifs en les associant à l’inactivité, la paresse et la négligence de soi! Nous devons ce revirement au père du jeux vidéo moderne, le créateur de Mario, j’ai nommé Shigeru Miyamoto. En effet, conscient que son public vieillissait, ce visionnaire s’adapta et produisit un nouveau type de jeu : à la fois divertissant et bénéfique pour la santé (un peu comme les alicaments). De cette idée féconde émergea les programmes d’entraînement cérébraux (dispensés par des professeurs japonais aux noms à rallonges en guise de qualité) et autres Wii Fit et Wii Sport. Et maintenant que la console se dématérialise grâce à la réponse de Microsoft avec sa Xbox Kinect, il se pourrait que jouer se confonde avec s’entraîner ! Le jeu vidéo, prochain sport olympique…

 

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Former

Même si la pratique reste assez peu diffusée, certaines grandes enseignes comme l’Oréal pensent qu’elles le valent bien. Cette dernière utilise justement un serious game intitulé Hair-Be 12 pour  sensibiliser les apprentis coiffeurs et coiffeuses à la gestion d’un salon, composante essentielle et pourtant négligée de leur métier (en assurant pourquoi pas une future diffusion de leurs produits).  Ce véritable jeu vidéo ressemblant à n’importe quel jeu de gestion doit les aider à prendre conscience de la dimension business de leur profession d’une façon ludique et fun. De même le logiciel Triage Training cherche à former les secouristes dans leur prise de décision au cours d’une situation d’urgence comme l’explosion d’une bombe, le tout agrémenté d’un graphisme particulièrement soigné afin de rendre la situation la plus réelle possible . Apprendre en s’amusant ou comment assimiler jouer à se former.

Hair Be 12, le serious game de l’Oréal

Promouvoir

Certains d’entre vous (les plus vieux !) doivent se souvenir du jeu vidéo Mac Donald sorti sur Super Nes au début des 90’s. Sans révolutionner le domaine, celui-ci ne manqua cependant pas d’imprimer sa marque dans l’esprit des jeunes et à l’associer à un produit cool (sacré Ronald). Depuis, la recette semble se répandre et l’émergence des smartphones et des réseaux sociaux privilégier la croissance de ce qu’on nomme les Advergames. Dr Pepper, Vans, Trident, Nike, ou encore Chantal Thomas développèrent ainsi leur propre jeu, voué le plus souvent à prolonger l’exposition de leur marque qu’à révolutionner l’industrie du genre. La publicité ne s’impose ainsi plus à une population passive mais l’invite à en devenir l’un des acteurs, et pourquoi pas un diffuseur au travers de ses profils dans les réseaux sociaux. Quand on voit le succès des applications pour mobiles(10 milliards de téléchargées sur l’Apple Store), il y a fort à parier que le secteur risque de connaître une croissance exponentielle! Avec les nouvelles technologies, communiquer doit rimer avec jouer !

 

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Informer

Des nouvelles fonctions du jeu vidéo, celle-ci reste la plus étonnante ! Des jeux  de stratégie comme Civilization ou Sim City, ou d’aventures comme Myst, revendiquaient déjà une certaine ambition ludique. Cependant, leur sérieux ne purifiait pas les litres d’hémoglobine s’écoulant d’autres productions de l’époque (Doom, Mortal Kombat…) et dont beaucoup se scandalisèrent. Une décennie plus tard, jouer en cour deviendra obligatoire pour apprendre l’histoire (par exemple History Games, un serious game français couvrant l’ensemble du programme d’histoire de 3ème).

Extrait du serious game History Games

De même, qui a dit que militer n’était pas jouer ? Chaque cause (écologie, économie…) revendique dorénavant son jeu vidéo, particulièrement orienté bien entendu, afin de sensibiliser le public sur les risques en cour. Budget Héro vous offre par exemple la possibilité de définir le budget fédéral des Etats-Unis et de porter attention à tous ces chiffres d’ordinaires si ennuyeux et compliqués qui, sous l’effet du jeu et de l’intéractivité, deviennent des données amusantes à manier et à comprendre.

 

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Dernièrement, des étudiants de l’Enjmin, l’école de jeu vidéo d’Angoulême, ont conçu un jeu vidéo nommé Avenue de l’Ecole-de-Joinville (voir l’excellent blog Playtime) permettant de gérer un centre de rétention et dont l’issu demeure inévitablement tragique : le lieu part en flamme. Et derrière cette fin incontournable, et de rudimentaires pixels, pointent une acerbe critique à la portée très efficace (plus qu’un long édito ?) puisqu’elle offre l’opportunité de se mettre en situation grâce à une atmosphère très bien retranscrite (bruitages…). Et oui, terminé le militantisme retro, à présent militer devient jouer !

 

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Les jeux vidéos trouvent ainsi, 40 ans après leur première commercialisation (Computer Space en 1971, sniff…), des usages renouvelés et prouvent que leur principe n’a pas fini de s’étendre (les logiciels eux-mêmes, auparavant si sérieusement fonctionnels, adoptent lentement des éléments d’interface des jeux vidéos), et  leur pratique varier. Alors à quand son intronisation comme 8ème art ? Programmeurs de tous les pays unissez-vous, et faîtes un jeu pour en revendiquer la place…

 

N’hésitez pas à nous communiquer votre jeu vidéo culte sur notre page   

 

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